Ai-je vraiment faim… ou ai-je besoin d’autre chose ?
Vous ouvrez le placard sans vraiment savoir ce que vous cherchez. Vous avez envie de quelque chose de sucré après une journée difficile. Vous grignotez en préparant le repas, devant la télévision ou simplement parce qu’une envie est apparue.
Et puis cette question arrive parfois après coup : « Mais est-ce que j’avais vraiment faim ? »
Manger ne répond pas uniquement à un besoin physiologique. L’alimentation est aussi liée au plaisir, aux habitudes, aux émotions, au rythme de vie, à l’environnement et à notre histoire personnelle.
C’est pourquoi une envie de manger n’est pas nécessairement synonyme de faim.
Comprendre cette différence ne consiste pas à surveiller davantage son alimentation ni à culpabiliser chaque fois que l’on mange sans avoir faim. Il s’agit plutôt d’apprendre à reconnaître ce qui se passe en soi afin de retrouver progressivement davantage de liberté dans sa relation à l’alimentation.
En tant que conseillère en nutrition et praticienne en hypnose et en sophrologie, c’est justement cette écoute globale que je trouve importante : observer ce que dit le corps, mais aussi ce que racontent nos habitudes, nos émotions et certains automatismes.
Manger ne répond pas toujours à la faim
Lorsque nous pensons à l’alimentation, nous imaginons naturellement un mécanisme assez simple : le corps a besoin d’énergie, la faim apparaît, nous mangeons, puis la satiété nous indique progressivement que nous avons suffisamment mangé.
Dans la vie quotidienne, les choses sont souvent plus complexes.
Nous pouvons manger parce qu’il est midi, même si la faim est encore discrète. Nous pouvons accepter un dessert parce qu’il nous fait plaisir. Nous pouvons avoir envie d’un aliment en passant devant une boulangerie, alors que nous ne pensions pas à manger quelques secondes auparavant.
Nous pouvons également chercher quelque chose à manger après une contrariété, pendant un moment d’ennui ou lorsque la fatigue se fait sentir.
Tout cela ne signifie pas que notre comportement alimentaire est « mauvais ».
L’alimentation possède une dimension nutritionnelle, mais également une dimension sociale, sensorielle, culturelle et affective. Un repas peut nourrir le corps tout en étant associé au partage, au plaisir ou au réconfort.
La question devient surtout intéressante lorsque certaines envies deviennent très fréquentes, difficiles à comprendre ou donnent l’impression de fonctionner en pilote automatique.

Comment reconnaître la faim physique ?
La faim physiologique correspond aux signaux par lesquels l’organisme nous indique progressivement qu’il est temps de lui apporter de l’énergie.
Elle ne se manifeste pas exactement de la même manière chez tout le monde.
Chez certaines personnes, elle commence par une sensation de creux dans l’estomac. Chez d’autres, elle peut s’accompagner d’une baisse d’énergie, d’une difficulté à se concentrer, d’une sensation de faiblesse ou simplement de la perception que le corps réclame un repas.
Un élément intéressant est que la faim physique apparaît généralement de façon progressive.
Elle peut commencer doucement puis devenir plus présente lorsque le repas tarde.
Elle laisse aussi souvent une certaine souplesse quant au choix de ce que l’on pourrait manger. On peut avoir des préférences, bien sûr, mais plusieurs aliments ou plusieurs types de repas peuvent sembler satisfaisants.
Et l’envie de manger ?
L’envie de manger peut avoir un fonctionnement différent.
Elle peut apparaître soudainement, parfois alors que l’on a mangé relativement récemment. Elle peut également être très ciblée : ce n’est pas nécessairement « manger » que l’on souhaite, mais précisément du chocolat, des biscuits, du fromage, quelque chose de croustillant ou un aliment particulier.
Imaginez par exemple que vous venez de dîner.
Vous n’avez plus particulièrement faim. Pourtant, une heure plus tard, installé devant la télévision, l’idée d’un carré de chocolat apparaît.
Cette envie peut être parfaitement ordinaire et simplement liée au plaisir.
Mais si la situation se répète presque chaque soir, il peut devenir intéressant de se demander ce qui déclenche réellement ce moment.
Est-ce une habitude associée au canapé et à la télévision ? Une manière de marquer la fin de la journée ? Une recherche de plaisir ? Un besoin de décompresser ? De la fatigue ? Une émotion qui devient plus perceptible lorsque l’activité s’arrête ?
La réponse n’est pas nécessairement la même d’un jour à l’autre.
Pourquoi peut-on avoir envie de manger sans avoir réellement faim ?
Une envie de manger peut avoir de nombreuses origines. Il serait réducteur de considérer automatiquement qu’elle cache une émotion.
Parfois, la raison est toute simple : un aliment est devant nous, son odeur nous attire ou nous savons qu’il nous procure du plaisir.
Dans d’autres situations, l’environnement joue un rôle important. Le paquet de biscuits posé sur la table, la pause au travail, le film du soir ou le passage devant une pâtisserie peuvent devenir des signaux associés à l’alimentation.
À force de répétition, certaines associations deviennent très familières.
Le comportement peut alors se déclencher presque automatiquement, sans véritable décision consciente.
Il existe également des moments où manger vient répondre à quelque chose qui dépasse la faim physiologique.

Quand les émotions rencontrent l’alimentation
Après une journée éprouvante, certaines personnes ressentent l’envie de manger quelque chose qui leur fait plaisir.
Après une contrariété, un conflit ou un moment de solitude, la nourriture peut parfois apporter un apaisement temporaire.
À l’inverse, une émotion agréable peut elle aussi être associée à l’alimentation : nous mangeons également pour célébrer, partager et profiter d’un bon moment.
Il est donc important de ne pas présenter toute alimentation liée aux émotions comme un problème.
La question se pose davantage lorsque manger devient l’une des seules réponses disponibles face au stress, à l’ennui, à la fatigue ou à certaines émotions difficiles.
Le soulagement peut alors être réel sur le moment, mais relativement court. Et il peut parfois être suivi de culpabilité : « Je n’aurais pas dû », « Je manque de volonté », « Demain, je me reprends ».
C’est à cet endroit que peut commencer un cercle particulièrement inconfortable : envie, consommation, soulagement, culpabilité, contrôle… puis nouvelle envie.
La volonté n’explique pas tout
Lorsque nous répétons un comportement alimentaire que nous aimerions changer, la première réaction consiste souvent à penser que nous manquons de volonté.
Pourtant, connaître les principes d’une alimentation équilibrée ne suffit pas toujours à modifier ce que nous faisons au quotidien.
On peut parfaitement savoir ce que l’on souhaiterait manger et se retrouver malgré tout, le soir, à reproduire le même automatisme.
Pourquoi ?
Parce que nos comportements ne sont pas guidés uniquement par nos connaissances.
Ils sont également influencés par nos habitudes, notre environnement, notre niveau de fatigue, notre état émotionnel, nos sensations corporelles et les associations construites au fil du temps.
C’est d’ailleurs une distinction importante dans mon approche du conseil en nutrition : transmettre des repères peut être utile, mais il est également essentiel de comprendre comment la personne vit réellement son alimentation au quotidien.
« Je sais ce qu’il faudrait faire, mais je n’y arrive pas »
Cette phrase est fréquente.
Et elle mérite d’être entendue autrement que comme un manque de discipline.
Si vous savez déjà ce que vous aimeriez changer mais que le même comportement revient, peut-être que la question n’est plus seulement : « Qu’est-ce que je devrais manger ? »
Elle peut devenir :
« Que se passe-t-il juste avant que j’aie envie de manger ? »
Cette question change le regard porté sur le comportement.
Au lieu de se concentrer immédiatement sur l’aliment, elle invite à observer le contexte.
Où suis-je ? Que suis-je en train de faire ? Qu’est-ce que je ressens dans mon corps ? Quelle émotion est présente ? Ai-je faim ? Suis-je fatigué ? Est-ce que cette envie revient habituellement à la même heure ?
Cette observation ne sert pas à s’interdire de manger.
Elle sert d’abord à comprendre.
Avant de lutter contre une envie, apprendre à l’observer
Lorsqu’une envie arrive, nous pouvons avoir deux réflexes opposés.
Le premier consiste à y répondre immédiatement.
Le second consiste à lutter : « Non, je ne dois pas manger. »
Il existe pourtant un espace entre les deux : celui de l’observation.
Vous pouvez, par exemple, prendre quelques instants et vous demander :
- Est-ce que je ressens des signes physiques de faim ?
- Cette envie est-elle apparue progressivement ou brutalement ?
- Ai-je envie de manger quelque chose en général ou un aliment très précis ?
- Qu’est-ce que je ressens en ce moment ?
- Que s’est-il passé dans les minutes ou les heures précédentes ?
- De quoi aurais-je besoin maintenant, en dehors de la nourriture ?
Il n’est pas nécessaire d’obtenir immédiatement une réponse à toutes ces questions.
L’objectif est simplement de remettre un peu de conscience là où le comportement était peut-être devenu automatique.
Et parfois, après cette observation, vous choisirez quand même de manger.
Ce n’est pas un échec.
La différence est que vous commencez progressivement à comprendre ce qui se joue et à retrouver une possibilité de choix.

Réapprendre à écouter le corps plutôt que multiplier les interdits
Lorsque la relation à l’alimentation devient source de préoccupations, la tentation peut être de créer toujours davantage de règles : ne plus manger après telle heure, supprimer tel aliment, éviter complètement le sucre, compenser le lendemain ou essayer de « tenir » coûte que coûte.
Pour certaines personnes, cette multiplication des règles peut finir par occuper énormément de place mentalement.
Une autre piste consiste à revenir progressivement vers les sensations : la faim, le rassasiement, le plaisir, mais également la tension, la fatigue et les émotions.
C’est précisément à cet endroit que le travail corporel peut devenir intéressant.
Dans la suite de cet article, nous verrons comment la sophrologie peut favoriser cette reconnexion aux sensations et comment l’hypnose peut être utilisée dans un accompagnement autour de certains automatismes et habitudes alimentaires.
Car retrouver une relation plus sereine avec l’alimentation ne commence pas forcément par davantage de contrôle.
Cela peut commencer par une question beaucoup plus simple :
« Qu’est-ce qui se passe en moi, juste maintenant ? »
Quand l’alimentation devient une réponse automatique
Il suffit parfois d’observer une journée ordinaire pour comprendre à quel point certains comportements alimentaires peuvent être associés à des situations précises.
Un café accompagné systématiquement d’un biscuit. Quelque chose de sucré après le déjeuner. Une envie de grignoter en rentrant du travail. Un aliment réconfortant lorsque la journée a été difficile. Quelques morceaux de chocolat devant la télévision.
Pris séparément, aucun de ces comportements ne permet de conclure qu’il existe un problème.
Mais lorsqu’un même scénario se répète régulièrement, une association peut progressivement se créer entre une situation et une réponse alimentaire.
Le soir arrive : je mange.
Je suis contrarié : je cherche quelque chose dans le placard.
Je m’ennuie : j’ouvre le réfrigérateur.
Je suis fatigué : j’ai envie de quelque chose qui me procure rapidement du plaisir.
La répétition peut rendre le comportement de plus en plus familier, au point que l’on ne remarque parfois même plus ce qui s’est passé entre le déclencheur et le geste de manger.
C’est ce fonctionnement qui peut donner cette impression très particulière :
« Je savais que je n’avais pas vraiment faim, mais je l’ai fait presque sans réfléchir. »
Pourquoi le soir peut-il être un moment particulier ?
Les envies de manger sont parfois plus présentes en fin de journée.
Il n’existe évidemment pas une seule explication valable pour tout le monde.
Le soir peut cependant réunir plusieurs éléments : la fatigue accumulée, le stress de la journée, un repas insuffisant ou décalé, les habitudes installées, la disponibilité de certains aliments ou simplement le fait que l’activité diminue.
Pendant la journée, nous sommes souvent occupés.
Il faut travailler, se déplacer, répondre aux demandes, organiser, anticiper, prendre soin des autres ou gérer les imprévus.
Puis le soir arrive.
Le rythme ralentit.
Et lorsque l’extérieur devient plus calme, ce que nous avons mis de côté pendant la journée peut parfois devenir davantage perceptible : fatigue, tension, frustration, ennui, solitude ou besoin de réconfort.
La nourriture peut alors prendre une fonction qui dépasse la faim.
Ce constat fait d’ailleurs écho à ce que j’évoque dans mon article Le soir, tout s’arrête… sauf vos pensées : le ralentissement de la journée peut rendre plus perceptibles certaines pensées, sensations ou émotions.
Et si la première question concernait aussi la journée ?
Lorsqu’une personne mange beaucoup ou grignote régulièrement le soir, il peut être tentant de concentrer toute l’attention sur ce moment.
Pourtant, il peut également être utile de regarder ce qui s’est passé auparavant.
Les repas de la journée ont-ils été suffisamment réguliers et adaptés ?
A-t-on déjeuné rapidement entre deux obligations ?
A-t-on ignoré sa faim pendant plusieurs heures ?
S’est-on imposé des restrictions alimentaires importantes ?
Est-on simplement arrivé au soir avec une véritable faim ?
Une envie importante en fin de journée n’est donc pas automatiquement une « envie émotionnelle ».
Elle peut aussi avoir une composante physiologique.
C’est pourquoi il est important, dans une démarche autour de la relation à l’alimentation, de ne pas séparer complètement les comportements alimentaires des besoins nutritionnels.
La restriction peut-elle renforcer la place de la nourriture dans nos pensées ?
Lorsqu’une personne souhaite modifier son alimentation, elle commence parfois par établir une longue liste d’interdits.
« Je ne mange plus de chocolat. »
« Plus de pain le soir. »
« Je dois éviter les desserts. »
« Je ne dois surtout pas craquer. »
L’intention peut être compréhensible : retrouver un cadre et atteindre un objectif.
Mais une relation à l’alimentation organisée essentiellement autour du contrôle peut devenir difficile à vivre pour certaines personnes.
L’aliment que l’on essaie de ne plus regarder peut finir par occuper beaucoup de place dans les pensées.
Puis, si l’on finit par le manger, la culpabilité peut apparaître.
Cette culpabilité peut elle-même conduire à une nouvelle décision restrictive : « Demain, je compense. »
On risque alors d’alterner entre contrôle, envie, consommation et culpabilité.
Sortir progressivement de ce fonctionnement ne signifie pas abandonner tous les repères nutritionnels.
Il s’agit plutôt de rechercher un équilibre dans lequel les connaissances nutritionnelles ne deviennent pas une succession permanente d’interdictions.
Le rôle du conseil en nutrition : comprendre avant de modifier
Un accompagnement autour de l’alimentation ne devrait pas commencer automatiquement par une liste de choses à supprimer.
Avant de modifier un comportement, il peut être utile de comprendre comment la personne mange réellement.
Quel est son rythme de vie ?
Comment sont organisés ses repas ?
À quels moments ressent-elle la faim ?
Existe-t-il des périodes de restriction suivies d’envies plus importantes ?
Quels aliments lui procurent du plaisir ?
À quels moments les comportements qu’elle souhaite modifier apparaissent-ils ?
En tant que conseillère en nutrition, cette observation permet de replacer l’alimentation dans la réalité de la personne plutôt que de chercher à lui imposer un fonctionnement théorique difficilement compatible avec son quotidien.
Les repères nutritionnels conservent toute leur importance, mais ils peuvent être associés à une autre dimension : apprendre à mieux reconnaître ses sensations et ses habitudes.
La sophrologie pour revenir aux sensations du corps
Nous avons parfois tellement appris à réfléchir à notre alimentation que nous en oublions de la ressentir.
Combien de calories ? Est-ce autorisé ? Est-ce trop gras ? Est-ce trop sucré ? Est-ce raisonnable ? Ai-je été suffisamment « sage » aujourd’hui ?
Le mental analyse, compare et juge.
Pendant ce temps, les sensations corporelles peuvent devenir beaucoup moins présentes.
Or la faim et le rassasiement sont précisément des expériences corporelles.
La sophrologie peut offrir un espace permettant de porter davantage attention à ce qui se passe dans le corps : respiration, tensions, détente et sensations présentes.
Elle ne sert pas à décider à votre place si vous devez ou non manger.
Elle peut en revanche participer à un travail d’écoute et de conscience corporelle.
Créer un espace entre l’envie et la réaction
Imaginez qu’une envie de manger apparaisse après une journée stressante.
Habituellement, le chemin est très rapide :
tension → envie → nourriture.
Le travail d’observation cherche progressivement à introduire quelque chose entre l’envie et la réaction.
tension → observation → choix.
Quelques respirations conscientes ne feront pas nécessairement disparaître l’envie, et ce n’est pas leur objectif.
Elles peuvent simplement permettre de ralentir suffisamment pour identifier ce qui est présent.
« Mon ventre a-t-il faim ? »
« Est-ce que je suis tendu ? »
« Est-ce que je cherche surtout à décompresser ? »
« Est-ce que je suis épuisé ? »
« Est-ce simplement une envie de plaisir ? »
Cette dernière possibilité est également légitime.
Tout ce que nous mangeons n’a pas besoin d’être justifié par une nécessité physiologique.
Quelle place peut avoir l’hypnose dans la relation à l’alimentation ?
L’hypnose peut être envisagée dans un accompagnement lorsque la personne souhaite travailler sur certains automatismes, habitudes ou situations répétitives associées à son alimentation.
Elle ne remplace pas les besoins physiologiques du corps et ne transforme pas un aliment en ennemi.
Elle n’a pas non plus vocation à supprimer toute envie de manger.
Dans ma manière d’accompagner, l’intérêt est plutôt d’explorer ce qui se joue autour d’un comportement devenu très automatique et d’aider la personne à développer d’autres possibilités de réponse.
Prenons un exemple.
Une personne remarque qu’elle mange systématiquement quelque chose en rentrant du travail.
Elle constate pourtant qu’elle n’a pas toujours réellement faim à ce moment-là.
En explorant la situation, elle réalise que ce comportement marque depuis longtemps une transition : la journée professionnelle est terminée, elle rentre chez elle et la nourriture représente son premier moment de relâchement.
Dans cette situation, vouloir simplement supprimer l’aliment ne répond pas nécessairement à la fonction prise par le comportement.
La question devient alors :
« Comment puis-je retrouver cette sensation de pause ou de décompression autrement, tout en gardant la possibilité de manger lorsque je choisis réellement de le faire ? »
C’est dans ce type de réflexion que l’hypnose peut trouver sa place au sein d’un accompagnement plus global.

Hypnose, sophrologie et nutrition : trois approches complémentaires
Ce qui m’intéresse particulièrement dans l’accompagnement de la relation à l’alimentation est de ne pas regarder uniquement ce qu’il y a dans l’assiette.
La nutrition permet de travailler sur les habitudes alimentaires, l’organisation des repas et les repères adaptés à la situation de la personne.
La sophrologie peut favoriser une meilleure attention aux sensations corporelles, à la respiration et aux manifestations du stress.
L’hypnose peut, quant à elle, être intégrée lorsque certains automatismes, associations ou habitudes répétitives occupent une place importante.
Ces approches ne sont pas utilisées systématiquement de la même manière.
Chaque personne possède son histoire, son rythme et ses propres difficultés.
Certaines auront principalement besoin de retrouver des repères alimentaires plus cohérents.
D’autres connaissent déjà très bien la nutrition mais souhaitent comprendre pourquoi elles reproduisent malgré elles certains comportements.
D’autres encore constatent que le stress et les émotions prennent une place importante dans leur rapport à la nourriture.
C’est pourquoi un accompagnement individualisé peut permettre de déterminer ce qui mérite réellement d’être travaillé plutôt que d’appliquer une solution identique à tout le monde.
Et la perte de poids dans tout cela ?
La question du poids peut naturellement faire partie des préoccupations d’une personne qui consulte autour de son alimentation.
Mais réduire toute la démarche à la balance risque de faire oublier une question essentielle : comment cette personne vit-elle son alimentation ?
Une relation plus apaisée avec la nourriture ne se résume pas à atteindre un chiffre.
Elle peut aussi signifier manger avec davantage de présence, reconnaître plus facilement sa faim, mieux percevoir son rassasiement, diminuer certains automatismes, retrouver du plaisir sans culpabilité excessive et disposer de plusieurs façons de répondre au stress ou aux émotions.
Les objectifs doivent donc être envisagés en fonction de la situation individuelle, et lorsqu’une problématique de poids nécessite un suivi médical ou diététique spécifique, celui-ci reste essentiel.
Quand faut-il demander l’avis d’un professionnel de santé ?
Il est important de distinguer des habitudes alimentaires que l’on souhaite mieux comprendre d’une situation pouvant nécessiter une prise en charge médicale ou psychologique spécialisée.
Lorsque l’alimentation provoque une souffrance importante, lorsque des épisodes de perte de contrôle sont fréquents, lorsque des comportements compensatoires apparaissent, lorsque les restrictions deviennent importantes ou lorsque les préoccupations concernant le poids, le corps ou l’alimentation envahissent le quotidien, il est préférable d’en parler à un professionnel de santé.
Il en va de même en présence d’une variation de poids importante ou inexpliquée, de malaises, de symptômes physiques persistants ou de toute situation faisant suspecter un trouble des conduites alimentaires.
L’hypnose, la sophrologie et le conseil en nutrition ne remplacent pas le diagnostic ni la prise en charge médicale, psychologique ou diététique lorsqu’ils sont nécessaires.
Ils peuvent, selon les situations et dans le respect du champ de compétence de chaque professionnel, s’inscrire dans une démarche complémentaire.
Et si vous commenciez simplement par observer ?
Vous n’avez pas besoin de bouleverser votre alimentation dès demain.
Vous pouvez commencer par une expérience beaucoup plus simple.
Pendant quelques jours, lorsqu’une envie de manger apparaît en dehors d’un repas, essayez de ne pas immédiatement la qualifier de « bonne » ou de « mauvaise ».
Observez-la.
Quelle heure est-il ?
Depuis combien de temps avez-vous mangé ?
Que ressentez-vous dans votre corps ?
Que faisiez-vous juste avant ?
Une émotion particulière est-elle présente ?
Avez-vous envie de nourriture en général ou d’un aliment très précis ?
Et surtout : que se passe-t-il si vous vous accordez quelques instants avant de décider ?
Vous choisirez parfois de manger.
À d’autres moments, vous découvrirez peut-être que vous aviez surtout besoin de repos, d’une pause, de bouger, de parler à quelqu’un, de respirer ou simplement de changer d’activité.
Il ne s’agit pas de remplacer systématiquement la nourriture par autre chose.
Il s’agit de retrouver progressivement plusieurs possibilités.
Car une relation plus sereine avec l’alimentation ne consiste pas nécessairement à exercer davantage de contrôle.
Elle peut aussi commencer lorsque nous devenons capables de reconnaître ce dont nous avons réellement besoin et de nous laisser davantage de choix.
À retenir : mieux comprendre plutôt que culpabiliser
Avoir envie de manger sans ressentir une faim physique n’est pas nécessairement un problème. Nous mangeons aussi par plaisir, par habitude, dans un contexte social ou parfois en réponse au stress, à la fatigue ou à certaines émotions.
L’essentiel est surtout de repérer lorsque certains comportements deviennent automatiques, difficiles à comprendre ou sources de culpabilité.
Avant de chercher à contrôler davantage son alimentation, il peut alors être intéressant de se demander : « Ai-je faim ? De quoi ai-je envie ? Et de quoi ai-je besoin en ce moment ? »
Cette écoute permet progressivement de mieux distinguer la faim, l’envie, les habitudes et les émotions, sans transformer chaque choix alimentaire en source de jugement.
Questions fréquentes sur la faim et les envies de manger
Comment savoir si j’ai réellement faim ?
La faim physique apparaît généralement de manière progressive et peut s’accompagner de sensations corporelles : creux dans l’estomac, baisse d’énergie ou besoin de manger qui devient progressivement plus présent. Une envie peut être plus soudaine et parfois dirigée vers un aliment très précis. Ces sensations restent néanmoins personnelles et peuvent varier d’une personne à l’autre.
Pourquoi ai-je envie de manger alors que je n’ai pas faim ?
De nombreux facteurs peuvent intervenir : le plaisir, une habitude, la présence d’un aliment, le contexte social, le stress, la fatigue, l’ennui ou certaines émotions. Une envie de manger sans faim n’est donc pas automatiquement synonyme d’alimentation émotionnelle.
La sophrologie peut-elle aider dans la relation à l’alimentation ?
La sophrologie peut notamment être utilisée pour développer l’attention portée aux sensations corporelles, à la respiration et aux manifestations du stress. Dans un accompagnement autour de l’alimentation, elle peut aider à prendre davantage conscience de ce qui se passe dans le corps avant de réagir automatiquement à une envie.
Quelle place peut avoir l’hypnose ?
L’hypnose peut s’intégrer dans un accompagnement lorsque certains comportements alimentaires semblent liés à des habitudes ou à des automatismes répétitifs. Elle ne remplace ni un suivi médical ni la prise en charge spécialisée d’un trouble des conduites alimentaires.
Retrouver une relation plus sereine avec l’alimentation
Changer sa relation à l’alimentation ne signifie pas nécessairement apprendre à mieux se contrôler.
Il peut s’agir, au contraire, de mieux se connaître : reconnaître sa faim, son rassasiement, ses envies, ses habitudes, mais aussi identifier les moments où le stress, la fatigue ou les émotions influencent davantage les comportements alimentaires.
Mon approche associe, selon les besoins de chacun, le conseil en nutrition, la sophrologie et l’hypnose. L’objectif est de vous accompagner de manière individualisée, sans culpabilisation et en respectant votre rythme.
Si vous souhaitez faire le point sur votre relation à l’alimentation et comprendre ce qui entretient certains comportements, vous pouvez consulter la page Séances et accompagnements ou me contacter pour échanger sur votre situation.
Parfois, le premier changement n’est pas dans l’assiette. Il commence simplement par une meilleure écoute de ce qui se passe en soi.
Pour aller plus loin
Vous pouvez également consulter :
- Quand le mental tourne en boucle…
- Quand le corps veut dormir… mais que le mental ne s’arrête plus
- Le soir, tout s’arrête… sauf vos pensées
- Quand les mêmes pensées reviennent encore et encore
Pour des informations de santé complémentaires, vous pouvez également consulter les ressources de l’Assurance Maladie, de l’Inserm et de l’Organisation mondiale de la Santé.